Civilisé, ...mais cultivé?
Dans Le miroir des idées, 1994, Michel Tournier distingue les idées de culture et de civilisation. Si la civilisation d’un être humain est inévitable, par le biais de la langue puis d’une foule de données qui lui sont également imposées, la culture, elle, demeure un travail personnel. Si la civilisation est «ce bagage transmissible de génération en génération» [M. Tournier, Le miroir des idées, Mercure de France, 1994], donc imposée, alors la culture, à l’inverse, est cette chose que l’individu se donne à lui-même. Elle n’est pas imposée mais librement choisie. Alors l’individu «prend ses distances envers l’éducation qu’il a reçu. Il la critique, la conteste, la rejette partiellement. Dès lors son savoir, débordant les limites de la civilisation, l’attaque et la détruit en partie.» [idem]. La thèse de ce raisonnement semble pointer vers l’ouverture, la dimension universelle du monde des idées et de la riche variété des civilisations qu’il contient. Donc, si l’homme civilisé voit les étrangers comme des barbares, l’homme cultivé, quand à lui, saura traverser le pont entre lui et l’étranger : il y a «une multitude de civilisation qui ont toutes droits au respect». F. Châtillon, octobre 2015.
MDI -
06 octobre 2015