Nietzsche, en éthique?
Tout de même, c'est un défi d'intégrer la pensée nietzschéenne dans un cours d'éthique. Tout d'abord, il vient assurément chambouler tous les systèmes éthiques vus avant (Hume, Kant, Utilitarisme) puisqu'il enlève à la raison tout le poids que la philosophie lui donne traditionnellement. Ensuite, parce que sa pensée qui est (entre autre) une critique de la métaphysique et une critique de la culture et donc elle nous glisse entre les doigts parce que nous la prenons justement à partir de notre culture, de notre métaphysique (religion, etc.) Enfin, il faut tout de même essayer puisque son apport en éthique est très original, certains dirons carrément révolutionnaire. Par quel concept débuter? Je commencerais par un concept ancré dans son époque, 1) le nihilisme. C'est donc ce constat qu'ont beaucoup à cette époque de révolution industrielle : mais où sont donc les valeurs chrétiennes? N'auraient-elles été que des idoles qui à présent s'écroulent? Les valeurs ne sont donc pas des vérités? Elles peuvent mourir ou être remplacées? À ne pas oublier : nous sommes aussi après Darwin, qui démontra qu'une espèce n'est pas fixe mais plutôt un produit de l'évolution, de l'adaptation. Ainsi en irait-il des valeurs! Le nihilisme est donc le constat que qu'il n'y a pas de vérité en morale, ni de hiérarchie universelle et éternelle dans les valeurs. 2) Dans le travail d'une généalogie de la morale, Nietzsche découvre que trois grandes idées (concepts) nous ont induit à penser qu'il y avait des vérités universelles dans les valeurs : la raison, Dieu et la vérité. A) Pour ce qui est de la raison, la critique de Nietzsche peut se comprendre à partir de l'exemple grec, où la culture célèbre deux aspects de l'Homme : l'exubérance, la puissance et l'ivresse à travers le culte du Dieu Dionysos; et l'ordre, la lumière et la raison à travers le culte du Dieu Apollon. Nietzsche reproche (entre autres) à Socrate et Platon d'avoir fait de la raison l'ultime outil qui permet la vérité et il leur reproche donc du même coup d'éclipser la part «dionysiaque» de l'homme qui, selon Nietzsche, est tout aussi capable de guider l'Homme. Pour aller encore plus loin, il avance même que la raison est toute petite et que c'est le corps, l'instinct, la volonté de puissance qui est l'ultime guide. Il opère donc un renversement complet (il philosophe à coup de marteau!). B) Ainsi en va-t-il de l'idée de Dieu, qui ne serait qu'une illusion érigée en idole, une invention qui fini par nous dominer tous et nous retourner contre nous, nos instincts; et de C) l'idée de vérité : quand on la trouve, elle est belle, éternelle et universelle? Non, dira Nietzsche, ce n'est qu'une idée, une illusion de plus qui encore nous détourne de la volonté de puissance. 3) La volonté de puissance est donc cette force souterraine, irrationnelle, propre au corps et à l'instinct. le guide naturel! 4) Dans un égoïsme naturel et au-delà du bien et du mal, nous partons tous d'une perspective. Nous comprenons le monde selon nos désirs et nos aspirations, cela est accroître ses forces (et non subir le mouvement des idées). 5) Voilà où il faut aller : comme un artiste qui laisse parler en lui le désir, l'instinct, la VdeP, le surhomme pourra transformer les valeurs qui nous éloignent de nos instincts (amoindrissent) en valeurs supérieures. Les forces actives (et non réactives) nous y mèneront. 6) la réalisation de soi, devenir soi-même, passe par l'INTERPRÉTATION de la réalité par les instincts. 7) De chameau (qui supporte les valeurs établies, la morale grégaire) au lion (qui se révolte) l'homme doit devenir «enfant», celui qui reste innocent et soucieux de la vérité; renversera les valeurs. 8) Nietzsche veut-il jeter la raison absolument? Impossible. Intellectualiser les forces actives, les transformer pour se dépasser soi-même c'est : spiritualiser la VdeP! 9) Son «éthique»? Si les valeurs viennent d'un perspectivisme, empreint de forces actives, créatives, vitales, donc guidées par la VdeP, alors ces valeurs seront véritablement nobles : elles auront de la valeur!
Frederic Chatillon  -  30 novembre 2016

Légende

 (C)Les «bonnes» valeurs seront nobles, imprégnées de volonté de puissance, hautes.
 (P1)Quand la raison prend toute la place et créer des idoles qui rapetissent l'homme, alors l'humanité dérape.
 (P2)Mais si le surhomme créer des valeurs, imprégnées de forces de vie, de Volonté de puissance, alors elles seront nobles.


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