Freud : pulsions, civilisation et progrès
Dans l'Avenir d'une illusion, Freud souligne que la civilisation humaine se décompose en deux parties distinctes, mais aussi liées. D'un coté, nous avons tout ce qui relève du savoir et du pouvoir (science, techniques, technologies) qui permet de dominer les forces de la nature. D'un autre coté, nous avons les institutions (Lois, Constitution, écoles, cégeps, Parlement, Banques, prisons, etc...) qui permettent de réguler les rapports humains. Ces deux aspects de la civilisation sont liées par le fait que les rapports des hommes sont toujours déterminés par les pulsions. Certaines sont douces et sans problèmes liés, mais d'autres sont hostiles et nécessitent l'intervention des institutions pour les contraindre. Pour Freud, l'idée de progrès est liée au premier aspect de la civilisation. Les savoirs, techniques et pouvoirs sur la nature sont en constant progrès. Nous comprenons et dominons de plus en plus la nature. Mais de l'autre coté, celui de la régulation des rapports humains par les institutions, il n'y a pas de progrès possible : il y aura toujours des pulsions hostiles chez les individus et, ainsi, la vieille mais efficace méthode de répression des pulsions hostiles (les règles, les lois et les conséquences, les prisons) devra toujours être utilisée. Un progrès de ce coté est imaginable (plus de règles, plus de lois, âge d'or de l'humanité...) mais impossible à réaliser.
Frederic Chatillon -
13 mars 2017