Utilitarisme : princpe U et D
Déjà chez Bentham, le principe U est développé : plus une action est utile pour amener du plaisir (la voie du bonheur), plus elle est morale. On cherche ici à maximiser le bonheur (the Greatest Happiness Principle) et/ou le bien-être (welfare). Bien entendu, dans son projet de fonder une éthique publique qui servira à créer et à appliquer des lois pour l'ensemble de la société, une telle conception de l'éthique pourrait être trop individualiste (si dans la délibération morale je ne pense qu'à mon plaisir). Alors Bentham ajoute le principe d'impartialité (critère de l'étendu, il faut considérer l'intérêt de TOUTES les personnes affectées). C'est ce que j'appelle ici le principe D (démocratique, car il faut inclure tous les individus de façon impartiale - un roi ou un ouvrier, «chacun compte pour un, et seulement pour un»). L'utilitarisme cherchera alors la moralité d'une action selon cet angle : plus l'action engendre du plaisir chez un maximum d'individus, plus elle a de chance d'être morale. Ainsi, l'utilitarisme de Bentham vise le plus grand bonheur du plus grand nombre. La délibération morale se décline donc comme cela : entre deux actions, seule celle qui engendrera le plus grand bonheur pour le plus grand nombre d'individus possible sera morale. John Stuart Mill, qui reprendra la théorie utilitariste ajoutera au principe U que son fondement est univoque : l'homme est ainsi fait qu'il désir. Le désir arrive même AVANT la volonté (il s'oppose ainsi à Kant). Car pour vouloir il aura bien fallu commencer par désirer (la chose qu'on voudra ensuite). Il est également à noter que Mill modifiera le calcul utilitariste des plaisirs car il distinguera les plaisirs intellectuels (supérieurs) des plaisirs physiques (moins importants dans le calcul). Avec cette modification, les plaisirs ne sont plus homogènes comme chez Bentham mais bien hétérogènes. Il va finalement développer une nouvelle considération : la règle, et donc plus seulement l'acte. L’utilitarisme de la règle ne vise plus le calcul des conséquences de l'action mais plutôt les conséquences d'outrepasser une règle morale ayant déjà fait ses preuves quand à son efficacité.
Frederic Chatillon  -  04 novembre 2016

Légende

 (C)Seule l'action qui engendrera le plus grand bonheur pour le plus grand nombre sera morale.
 (P1) Principe d'utilité : les conséquences d'une action qui seront utiles pour maximiser les plaisirs rendent cette action morale.
 (P2)Principe démocratique : l'impartialité et l'étendu sont de mise! On cherche à maximiser le bonheur chez le plus grand nombre d'individus.
 (P3)On part de l'empirisme : l'observation démontre que les individus cherchent à maximiser les plaisirs et minimiser les peines.
 (P4)Il faudra être impartial sans quoi le publique perdra tout intérêt dans cette philosophie morale. «Chacun compte pour un».
 (P5)Dans une perspective publique, il est évident que l'on doit viser le bonheur du plus grand nombre : c'est le critère de l'étendu.


Arbre Logique

Votre navigateur ne supporte pas les canvas.

Commentaires

Aucun commentaire